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Sport en Famille : Les Toï, champions de père en fils !

Toï

Joseph Toï, 65 ans, est originaire de Tahiti. Ce boxeur découvre la Calédonie grâce au sport en 1970, et ne la quittera plus jamais. Combattant de l’ASLN Nouméa, il est connu notamment pour sa victoire aux Jeux du Pacifique en 1971, contre le grand Noël Hmaé Kaoutche. C’est dans leur maison familiale de Koutio, qu’Nc-Sport.com a retrouvé ce champion, avec 2 de ses enfants. Le cadet Christian35 ans, boxeur lui aussi, et Joseph, surnommé Jo-Jo, 32 ans, champion de va’a. Découvrez cette famille, pour qui le sport est un héritage transmis de père en fils.

« Petits, papa nous emmenait toujours courir avec lui. On le suivait pendant ses entrainements, et comme on savait que c’était un champion, on voulait faire pareil » se souvient Jo-Jo. « D’abord on a tous commencé par faire de la boxe à la maison. Mais comme à l’époque il n’y avait pas trop de compétitions pour les jeunes, on a perdu la motivation » confie à son tour Christian. C’est lui qui en premier commence le va’a, en suivant les copains. Il accroche tout de suite et entraine son frère Joseph, dans son sillage. Si Jo-Jo ne quittera plus sa pirogue, Christian, lui reviendra à son premier amour, la boxe, pour les Jeux du Pacifique en 2015.

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Joseph avec sa médaille d’or des Jeux en 71.

Bonjour Joseph (papa), qu’est ce que le sport t’a apporté dans la vie ?

Le sport m’a permis de voyager ! La première fois que j’ai pris l’avion c’était en 1970, Tahiti-Calédonie, grâce à la Boxe. Ensuite j’ai été 3 fois aux championnats de France, et 3 fois aux Jeux du Pacifique… En plus des voyages, le sport m’a apporté une bonne condition physique.

Pour ses fils c’est pareil. « On a pu voir du pays et avoir une bonne condition physique. Cela nous sert dans notre travail au quotidien car nous sommes pompiers à Nouméa et Tontouta. Pour l’anecdote, même notre grand frère est pompier. Du coup le sport fait partie intégrante de nos vies. »

© Christian Toï en action.

Le sport est un héritage de famille pour vous ?

« Papa nous a transmis la passion du sport, autant à ses fils qu’à ses filles ! Et nous on essaie de faire de même avec nos enfants » raconte Jo-Jo. « Je pars souvent avec mes petits en pirogue pour leur faire découvrir les sensations et leur donner le goût de l’effort. Je ne veux pas les forcer à faire du va’a. C’est eux qui choisiront mais je les soutiendrais à fond dans ce qu’ils feront !  » Pour le fils de Christian, c’est tout trouvé. Quand on lui demande quel est son sport préféré il répond « la Boxe  » ! « Si il pouvait, il irait à la salle s’entrainer tous les jours » confie le papa. « Attention c’est un nerveux, comme son cousin, le futur poids lourd calédonien » ajoute le papi avec le sourire.

Que pensez vous de la boxe locale ?

Joseph : « Il y a toujours eu des champions sur le Caillou. »

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Les archives Boxe de l’ASLN Nouméa, avec Joseph Toï aux championnats de France.

Christian : « Après au niveau de la nouvelle génération, dès que ça devient difficile, beaucoup lâchent. Mais certains tiennent bon et ont du potentiel. Je pense notamment à Tanguy ou Thomas de Dumbéa. Sur Païta il y a le jeune Tuatane, fils et petit fils de boxeurs… et il y en a pas mal d’autres encore.

Jo-Jo : « Ce qui fait un peu défaut pour moi c’est le manque de compétitions pour garder nos jeunes dans un rythme compétitif. Il n’y a pas assez de carottes pour tirer le niveau vers le haut. Pareil dans le va’a, on a quelques compétitions mais ce n’est pas encore assez ! » D’ailleurs Joseph sort du Te Aito Taratoni, un peu déçu, parce que chaque année il est sur le podium, et là il finit 7ème. « Dans le cafouillage j’ai chaviré 2 fois. Après j’ai fait mon possible pour remonter, mais c’est comme ça, c’est la compétition. Maintenant on laisse tout ça derrière et on se concentre sur les championnats du monde de Va’a. Avec la sélection calédonienne on s’est bien préparé et on va essayer d’aller chercher une médaille en Polynésie. »

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Joseph Toï (Jo-Jo) au Te Aito Taratoni 2017.

Enfin, quel serait le conseil de la famille Toï aux sportifs calédoniens ?

Pour Jo-Jo « peu importe le sport, pour atteindre un bon niveau, il faut aller au bout de soi-même, ne pas lâcher et toujours y croire. L’âge n’a pas d’importance, c’est le mental qui compte ! Quand je suis sur ma pirogue, même si j’ai les bras tétanisés, je suis têtu et je vais jusqu’au bout ! Ca c’est la tête dure que papa nous a donné ! (rires) Mental et ne jamais lâcher. »

Et Christian, ce qui le fait tenir sur un ring, même quand il est assailli par les coups de marteau d’un papou, « je pense à tous mes entrainements, tous les sacrifices faits pour en arriver là, et je pense surtout à ma famille. C’est ça qui me donne la force de continuer à fond ! »

Enfin pour Joseph Senior, c’est pareil, il faut aller jusqu’au bout ! « Je me souviens encore de ce combat en 1971 contre Noël Hmaé Kaoutche. C’est un grand champion venu de Maré. A l’époque, j’allais encore à l’école et je le voyais boxer. Il était impressionnant. Et quand je suis tombé sur lui en finale, je me suis dit « Aïe » (rires) j’ai commencé à avoir peur. Mais je n’avais pas le choix et du coup quand on s’est retrouvé sur le ring, je lui suis rentré dedans ! Cela a été dur, très dur…mais c’est ma plus belle victoire. »

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Le Ring de l’ASLN. ©ASLN Nouméa

Cette victoire n’est pas aussi belle que celle d’avoir sa famille de sportifs réunie autour de lui ! Nous en profitons pour souhaiter une joyeuse fête des pères à ces papas, ainsi qu’à tous les autres qui suivent l’actualité sportive du Caillou sur www.nc-sport.com !

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